Qu'est-ce que l'Association des Alcooliques Anonymes ?
Il y a deux façons pratiques de décrire A.A. La première est la description bien connue des fins
et buts déjà définis antérieurement.
Les Alcooliques Anonymes forment une association d'hommes et de femmes qui
partagent leurs expériences, unissent leurs efforts et leurs espoirs
en vue de surmonter leurs communes difficultés et d'aider les autres à se
libérer de l'alcoolisme. L'unique condition d'admission est un désir
de cesser de boire. Il n'y a ni contribution, ni honoraires requis. A.A.
n'entend s'engager dans aucune controverse et, par suite, ne se fait le protagoniste
de quelque cause que ce soit. Notre groupement a essentiellement pour but
de nous maintenir sobres et d'aider les autres à le devenir.
L'alcoolisme est le "problème commun". Les hommes et les
femmes qui se considèrent membres A.A., sont et seront toujours des
alcooliques. Ils ont enfin reconnu qu'ils sont impuissants vis-à-vis
de l'alcool, sous quelque forme que ce soit et ils s'en abstiennenent complètement
aujourd'hui. Fait à souligner, ils n'essaient pas de faire face seuls à ce
problème. Ils confient leurs difficultés à d'autres
alcooliques. Cet échange d'aveux, d'actions et d'espoirs semble être
le facteur-clé qui leur permet de vivre sans alcool, et dans la plupart
des cas, sans désirer boire.
La deuxième façon d'envisager" Alcooliques Anonymes" est
bien d'en décrire l'édifice social. Ses effectifs comprennent
plus de 2 millions d'hommes et femmes répartis aux Etats-Unis, au
Canada et dans 110 autres pays environ. Ces hommes et ces femmes se réunissent
en groupes locaux qui vont de quelques membres en certains milieux à plusieurs
centaines dans les grands centres.
Dans les régions métropolitaines, il peut y avoir une vingtaine
de groupes dans les environs, et chacun tient des réunions régulières.
Plusieurs de ces assemblées sont ouvertes au public; d'autres sont
dites "assemblées fermées" ou pour les membres seulement,
afin que ceux-ci puissent y discuter des problèmes qui peuvent difficilement être
compris par le public tempérant.
Le groupe est avec ses réunions l'âme de l'association. Il permet
aux alcooliques et à leur famille de se réunir dans une atmosphère
d'amitié et d'entraide. Il y a aujourd'hui plus de 50.000 groupes
dans le monde entier, y compris ceux des hôpitaux, des prisons ou des
autres institutions.
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Quels furent les débuts des A.A.?
Les Alcooliques Anonymes ont débuté à Akron, Ohjo, États-Unis,en 1935.
Un homme d'affaires de New York, sobre pour la première fois depuis des années et à la
recherche d'un autre alcoolique, fut dirigé vers un médecin de cette ville. Le newyorkais
avait constaté que, durant ses quelques mois de sobriété, son désir de boire diminuait
lorsqu'il essayait d'aider d'autres "ivrognes" à devenir sobres.
Durant cinq ans, le nouveau mouvement, sans nom, sans organisation et sans
littérature descriptive, grandit lentement. Des groupes furent formés à Akron,
New York, Cleveland et quelques autres endroits.
En 1939, le nom" Alcooliques Anonymes" naît de la publication
du livre du même titre, et l'aide de plusieurs amis non alcooliques
porte ses fruits: la société commence à attirer l'attention
du grand public aux échelons national et international.
Un bureau de service ouvre ses portes à New York, afin de répondre
aux milliers de demandes d'information ou de documentation qui affluent chaque
année de toutes parts.
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Quelles sont les règles de l'Association ?
L'absence de lois, de règles ou d'obligations est l'un des traits
uniques et caractéristiques de A.A. tant à l'échelon
du groupe qu'au niveau mondial. Aucun règlement ne force un membre à participer à un
certain nombre de réunions dans une période donnée.
Il est entendu, et ceci est l'une des traditions orales dans la plupart des
groupes, que tout membre encore ivre et tapageur au point de troubler la
marche d'une assemblée, sera invité à s'en aller; cependant,
ce même membre sera toujours le bienvenu s'il accepte de rester coi.
Les membres iront même plus loin. Ils essayeront de le rendre sobre
s'il manifeste un sincère désir d'arrêter de boire.
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Qu'est-ce qu'il en coûte pour être membre d'A.A. ?
L'adhésion au mouvement n'entraîne aucune obligation financière.
Le programme de rétablissement de l'alcoolique est à la portée
de tous ceux qui ont un désir honnête d'arrêter de boire,
qu'ils soient millionnaires ou sans le sou.
Lors des réunions, les groupes "passent le chapeau" afin
de pouvoir faire face à la location du lieu de réunion et aux
autres dépenses: café, sandwiches, pâtisseries et autres.
Dans la grande majorité des groupes, une partie de l'argent reçu
est volontairement remise au Bureau central de Service pour les services
rendus aux échelons national et international. Cet argent est employé exclusivement
pour les services destinés à aider les groupes anciens et nouveaux
et à diffuser aux milliers d'alcooliques qui ne sont pas encore au
courant, le programme de relèvement d'A.A.
Il est important de souligner que l'adhésion à A.A. ne demande
au membre aucune cotisation à la Société. En fait, certains
groupes vont jusqu'à limiter le montant des contributions. Les groupes
A.A. doivent entièrement suffire à leurs besoins et refuser
toute contribution de l'extérieur.
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Qui dirige A.A.?
Il n'y a pas de membres ou de responsables qui exercent une autorité ou
un pouvoir quelconque dans l'association. Toute forme de gouvernement est
inexistante. Il est tout de même évident que, même dans
une organisation sans statut officiel, certains travaux doivent être
accomplis. Par exemple, quelqu'un doit s'occuper de trouver un lieu de réunion
adéquat, prévoir et préparer le programme des assemblées.
Quelqu'un doit aussi faire servir le café et le goûter au cours
duquel s'établit une camaraderie de bon aloi parmi les membres.
Certains groupes trouvent qu'il est sage de confier à un membre cette
responsabilité d'entretenir des relations étroites avec A.A. à tous
les échelons de l'association.
A la formation d'un groupe, des volontaires peuvent assumer certaines de
ces fonctions en agissant comme serviteurs du groupe. Dès qu'il est
possible, cependant, ces fonctions sont confiées par élections
aux membres qui les exercent à tour de rôle pour un temps limité.
Le groupe classique peut avoir un secrétaire, un comité des
programmes, un comité du goûter, un trésorier et un délégué,
représentant le groupe au Bureau général de Service
ou à l'Assemblée régionale. On exhorte les nouveaux
venus qui ont atteint une période raisonnable de sobriété à assumer
leur part de responsabilités.
Certaines fonctions déterminées se greffent aussi aux niveaux
national et international. On doit écrire, imprimer et distribuer
sur demande la littérature aux individus et aux groupes. On doit répondre
aux demandes d'informations des groupes anciens et nouveaux. On doit s'occuper
des demandes personnelles de renseignements sur le programme de rétablissement
A.A. On doit assister et renseigner les directeurs d'institutions qui le
désirent. On doit établir et maintenir des relations solides
avec la presse, la radio, la télévision, le cinéma et
tous les autres moyens de communication.
Afin de favoriser la saine croissance de l'association, les premiers membres,
assistés d'amis non alcooliques, ont établi un bureau de surveillance: "The
Alcoholic Foundation", aujourd'hui: "The General Service Board
of Alcoholics Anonymous".
(le Conseil d'Administration des services généraux des Alcooliques Anonymes).
Ce bureau est le gardien des traditions et du service général des A.A.
Il lui incombe cette responsabilité de préserver l'intégrité et les qualités de service
de "A.A.'s General Service Headquarters" à New York (Quartiers généraux de Services
des Alcooliques Anonymes).
La "General Service Conference of A.A." (Conférence générale
de Services) est l'agent de liaison entre ce bureau et les 50.000 groupes
A.A. Cette conférence, composée de 90 délégués des centres régionaux, rencontre
les fiduciaires du Bureau et les membres du personnel des quartiers généraux au cours d'une
assemblée annuelle de plusieurs jours. La Conférence est exclusivement
une agence de services et de consultations. Elle n'est pas autorisée à réglementer
ou à gouverner l'association.
La réponse à cette question: «Qui dirige A.A. ?» peut
donc s'énoncer ainsi: la société est uniquement un mouvement démocratique dont le minimum
d'organisation reconnue ne relève d'aucun gouvernement central.
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A.A. est-elle une société religieuse ?
A.A. n'est pas une société religieuse
et le fait d'être membre n'impose pas la condition d'appartenir à une
croyance définie. Elle n'est alliée à aucune secte
ou organisation, même si elle est approuvée et appuyée
par un grand nombre de personnalités de confessions différentes.
Ses membres se recrutent parmi les catholiques, les protestants, les
juifs et un nombre infime de gens qui, par exception, se considèrent
libres penseurs ou athées.
Le programme de relèvement des Alcooliques Anonymes est indéniablement
basé sur l'acceptation de certaines valeurs spirituelles. Les membres,
en tant qu'individus, sont libres d'interpréter ces valeurs comme
ils l'entendent ou de les ignorer s'ils le préfèrent.
L'alcoolique, en général, a déjà admis son manque
de contrôle avant de se joindre à A.A. Pour lui, le maître était
l'alcool et il était accepté comme tel. A.A. suggère,
afin d'atteindre et de maintenir sa sobriété, que l'alcoolique
décide de s'appuyer sur une Puissance qu'il reconnaîtra supérieure à la
sienne. Certains choisissent le groupe; d'autres préfèrent
des conceptions différentes de cette Puissance. Mais la plupart des
membres adoptent la conception de Dieu, «telle qu'Il puisse être
compris par chaque individu».
Lors de leur premier contact avec A.A., certains alcooliques manifestent
clairement leur opposition à accepter une puissance supérieure à la
leur. L'expérience démontre que, s'ils gardent un esprit ouvert
sur ce sujet, et continuenl00 fréquenter les groupes, ils n'ont ordinairemént
pas trop de difficultés à trouver une solution acceptable à ce
problème intimement personnel.
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A.A. est-il un mouvement de tempérance ?
Non. A.A. n'est affilié à aucun
mouvement de tempérance. A.A. n'endosse ou ne s'oppose à aucune
cause. Cette phrase, tirée des données générales
des buts de l'association, s'applique naturellement aux mouvements dits
de tempérance. Lorsque l'alcoolique est devenu sobre et qu'il
essaie de suivre le programme, son attitude envers l'alcool sera alors
celle du malade de la fièvre des foins envers l'herbe à poux.
Même si les membres se rendent parfaitement compte que l'alcool n'affecte
pas certaines gens, ils savent qu'il est pour eux un poison. Ils ne désirent
cependant priver personne d'une chose qui est source de plaisir pour ceux
qui n'en abusent pas. Ils admettent tout simplement qu'il leur est impossible
de garder cette modération.
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Y a-t-il beaucoup de femmes alcooliques dans le mouvement?
Le nombre de femmes qui font appel aux A.A. pour leurs problèmes avec l'alcool augmente de jour
en jour. On estime, aujourd'hui, qu'un groupe compte une femme pour cinq ou six membres.
Elles se recrutent, comme les hommes, à tous les niveaux de la société et dans toutes
les phases de la maladie.
On croit généralement que la femme alcoolique fait face à des
problèmes spéciaux. Le fait que la société est
portée à élever la femme sur un piédestal, peut
amener certaines femmes à penser que leur usage immodéré de
l'alcool les stigmatise plus profondément.
A.A. ne fait pas de distinction de ce genre. Quels que soient son âge,
sa vie sociale, son état financier ou son éducation, la femme,
comme l'homme alcoolique reçoit la même compréhension
et le même secours de la part du mouvement. Les femmes A.A. jouent
un rôle prépondérant au niveau local. Elles travaillent
avec les nouvelles venues et contribuent à l'arrangement et au programme
des réunions. Elles font partie intégrante de la fraternité.
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Et les jeunes, sont-ils nombreux dans A.A.?
L'une des notes les plus encourageantes de la croissance du mouvement est
ce fait que les jeunes gens, hommes ou femmes, sont de plus en plus attirés
par le programme avant que l'alcoolisme ne les conduise au désastre
final. Alors que l'on comprend mieux, aujourd'hui, le caractère progressif
de l'alcoolisme, ces jeunes reconnaissent, si l'un d'entre eux est alcoolique,
que le meilleur moment pour arrêter de boire, c'est au début
de la maladie.
Aux premiers jours du mouvement, l'on pensait généralement
que les seuls candidats logiques étaient ces hommes et ces femmes
dépravés qui avaient perdu leur situation, avaient détruit
leur foyer ou s'étaient éloignés pendant des années
de toute relation sociale normale.
Aujourd'hui, beaucoup de membres sont dans la vingtaine. Quelques-uns n'ont
pas vingt ans. La majorité cependant se situe dans la trentaine ou
la quarantaine. Plusieurs ont conservé leur emploi et leur famille.
D'autres n'ont jamais fait de séjour en prison ou dans une maison
de santé. Mais ils ont eu un avertissement de la catastrophe prochaine.
Ils ont reconnu qu'ils étaient alcooliques et n'ont trouvé aucun
avantage à laisser la maladie les amener progressivement à un
désastre inévitable.
Le besoin de relèvement leur est aussi essentiel qu'aux plus âgés
qui n'ont pas eu cette chance de rencontrer A.A. dans leur jeunesse. Au sein
du mouvement, jeunes et vieux ont rarement conscience de leur différence
d'âge. Chacun édifie une vie nouvelle basée sur la même
pierre angulaire: LE DERNIER VERRE.
(L'assemblée de groupe est le centre et le coeur de l'association.
Cette réunion est, de bien des façons, unique en son genre et peut sembler étrange au nouveau
venu. Les questions et les réponses qui suivent expliquent le fonctionnement
des réunions A.A. et la manière d'intégrer le nouveau
venu dans les cadres d'un groupe).
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Comment quelqu'un se joint-il aux A.A. ?
Personne ne se joint aux A.A. au sens strict du mot. On ne remplit aucune
formule d'admission (en fait, plusieurs groupes n'enregistrent même
pas leurs membres). Il n'y a pas de frais d'initiation, de droits à payer
ou de cotisations.
La plupart des gens deviennent membres en assistant simplement aux réunions
d'un groupe local en particulier. Leur introduction a pu se faire d'une ou
de plusieurs manières. Ayant bu au point de vouloir arrêter,
ils ont pu rechercher volontairement un groupe local. Certains groupes sont
classifiés dans les bottins téléphoniques; l'on peut
se procurer l'adresse des autres groupes en écrivant à Alcooliques
Anonymes, 21, rue Trousseau, 75011 - Paris.
D'autres furent dirigés vers un groupe A.A. par un ami, un parent,
le médecin ou le directeur de conscience.
Ordinairement, le nouveau venu a l'occasion de parler des A.A. avec un ou
plusieurs membres avant d'assister à sa première réunion.
Il apprend ainsi de quelle façon le mouvement aide les gens. On le
renseigne sur l'alcoolisme et sur A.A., ce qui l'amène à déterminer
si, oui ou non, il est prêt à renoncer à l'alcool.
La seule condition pour devenir membre est un désir d'arrêter de boire.
On ne fait pas de campagne de recrutement dans A.A. Si, après avoir
assisté à plusieurs réunions le nouveau venu décide que le mouvement ne lui convient pas,
personne ne l'exhortera à continuer d'en faire partie. On peut lui suggérer de garder un
esprit "ouvert" sur le sujet mais personne ne prendra de décision pour lui.
L'alcoolique est le seul qui puisse décider s'il a besoin ou non des A.A.
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Qu'est-ce qu'une réunion "ouverte" ?
Une réunion ouverte dans A.A. est une assemblée de groupe
qui admet tout le monde, alcoolique ou non. Une seule exigence: celle
de ne pas dévoiler, à l'extérieur, les noms des membres
A.A. présents.
Une assemblée ouverte comporte ordinairement des orateurs et un modérateur.
Celui-ci ouvre et clôt l'assemblée et présente chacun
des conférenciers. Sauf de rares exceptions, ceux-ci sont membres
des A.A. Ils peuvent relater, à tour de rôle, quelques unes
des expériences d'alcool qui les ont amenés àse joindre
aux A.A. Ou ils peuvent donner leur propre interprétation du programme
de relèvement et suggérer ce que la sobriété leur
a valu. Dans A.A., toutes les opinions émises sont strictement personnelles,
puisque chacun ne parle que pour soi.
Lorsque c'est possible, on inscrit au moins un conférencier féminin à l'agenda
et on essaie de présenter des conférenciers dont la vie alcoolique
et les motifs de boire présentent des variantes.
Les réunions ouvertes se terminent généralement par
un goûter où l'on peut parler amicalement en dégustant
café, sandwiches et gâteaux.
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Qu'est-ce qu'une réunion "fermée" ?
La réunion fermée n'admet que les membres A.A. du groupe
et les membres visiteurs des autres groupes. Le but des réunions
fermées est de permettre aux membres de discuter certains aspects
de leur vie qui ne peuvent être compris que par des alcooliques.
Ces assemblées se tiennent d'habitude sans cérémonie
et tous les membres sont invités à prendre part à la
discùssion. Ces réunions offrent au nouveau venu l'avantage
de lui permettre de poser certaines questions qui le troublent et de bénéficier
de l'expérience de membres plus avancés dans le programme.
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Puis-je amener un parent ou un ami aux réunions des A.A.?
Quiconque est intéressé au mouvement, membre ou non, est
le bienvenu aux réunions ouvertes des groupes. Le nouveau venu, en
particulier, est invité à amener son épouse, son mari
ou des amis aux assemblées; leur compréhension du programme
de rétablissement peut être un facteur important dans l'aide
qu'ils apporteront à l'alcoolique pour atteindre et maintenir sa
sobriété. Bon nombre d'épouses et de maris y assistent
aussi fréquemment que leur conjoint et prennent une part active aux
activités sociales du groupe.
(Nous rappelons ici que les réunions "fermées" sont
par tradition r´servées aux alcooliques).
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Le membre A.A. doit-il assister souvent aux réunions ?
On demandait, un jour, à Abraham Lincoln: «Quelle doit être la longueur de la jambe d'un homme ?»
Sa réponse reste typique: «Assez longue pour atteindre le sol ».
Personne n'est tenu d'assister à un nombre fixe de réunions
dans une période de temps déterminée. C'est, tout simplement,
matière de besoin ou de préférence individuelle. La
plupart des membres s'arrangent pour assister à une assemblée
par semaine, au moins. Ils sentent que cela est suffisant pour les maintenir
en contact et satisfaire leur besoin personnel. Certains, dans les endroits
où cela est possible, assistent aux réunions presque tous les
soirs. D'autres, cependant, ne fréquentent aucun groupe durant des
périodes plus ou moins longues.
L'injonction amicale «Ne cesse de venir aux réunions»,
si souvent lancée au nouveau venu, est basée sur l'expérience
de la majorité des membres qui ont remarqué que la qualité de
la sobriété s'atténuait en cas d'absence prolongée
aux réunions. Certains savent, par expérience, qu'une trop
longue abstention des réunions les entraîne à boire,
alors que leur assiduité aplanit les obstacles à la sobriété.
Le nouveau venu semble bénéficier, d'une manière toute
particulière, de son assiduité à un grand nombre de
réunions (ou autres contacts avec A.A.), durant les premières
semaines ou les premiers mois de son adhésion à un groupe.
En multipliant les occasions de rencontrer et d'entendre d'autres membres
dont l'expérience dans la boisson est similaire à la sienne,
il semble affermir sa compréhension personnelle du programme et de
ses possibilités.
Tout alcoolique, à un moment ou l'autre de sa vie, a essayé de
demeurer sobre par lui-même. Pour la plupart, la tentative n'a pas été particulièrement
heureuse ou réussie. Aussi longtemps que l'assistance aux réunions
aide un alcoolique à fortifier sa sobriété et l'aide
en même temps à se divertir, il semble donc fort logique de
suivre l'exemple de ceux qui ne cessent de revenir aux réunions.
Retour
Faut-il qu'un membre assiste aux réunions jusqu'à la fin de ses jours ?
Point n'est besoin; cependant - comme un membre l'a déjà suggéré - «la
plupart le désirent et certains parmi nous en ont peut-être besoin ».
Les alcooliques n'aiment pas se faire dire qu'ils doivent faire une chose
pour une période de longue durée. A première vue, la perspective d'avoir à assister à toutes
les réunions d'A.A. pour toutes les années d'un avenir prochain, peut, en vérité,
l'épouvanter.
La réponse, cette fois encore, est que personne n'a d'obligation dans
A.A. On a toujours le choix de faire ou de ne pas faire quelque chose - y
compris le choix décisif de rechercher, oui ou non, sa sobriété par
le mouvement des A.A.
L'alcoolique se doit, d'abord, d'assister aux réunions de son groupe
pour s'aider à demeurer sobre "aujourd'hui" - non pas demain,
la semaine prochaine ou dans dix ans. Aujourd'hui, l'actuel présent,
est la seule période de la vie dont l'A.A. est le maître. Il
n'a pas à s'inquiéter du lendemain ou des jours qui lui restent à vivre.
Une chose est importante aujourd'hui: sa sobriété. Il s'occupera
du futur demain.
Ainsi, le membre qui veut faire aujourd'hui ce qu'il faut pour assurer sa
sobriété, continuera probablement d'assister aux réunions.
Son assiduitéaura toujours pour objet le maintien de sa sobriétéimmédiate.
Aussi longtemps qu'il agira ainsi et selon cette conception, aucune de ses
activités, même sa fréquentation des réunions
d'A.A., ne ressemblera à une obligation à longue échéance.
Retour
Où trouverais-je le temps d'assister aux réunions,
de travailler avec d'autres alcooliques et de participer aux diverses
activités des A.A.?
Lorsqu'il buvait et tant qu'il y avait de la boisson, le nouveau venu parvenait
toujours à trouver une raison pour minimiser l'importance du temps;
et il est parfois consterné d'apprendre que la sobriété réclame,
elle aussi, une part de son temps. En alcoolique typique, il veut regagner
le "temps perdu" en vitesse. Il veut s'appliquer diligemment à son
travail. Il veut se laisser aller aux joies d'une vie de famille si longtemps
négligée. Il se montrera même empressé à se
dévouer aux oeuvres sociales et religieuses. A quoi bon la sobriété,
se dit-il, si je ne puis vivre, de façon intensive, une vie pleine
et normale.
Pourtant, on ne vit pas A.A. comme on avale une pilule. Il lui faudra tenir
compte de l'expérience de ceux qui ont réussi ce programme
de relèvement. A peu d'exceptions près, les membres qui jouissent
de la plus consolante sobriété sont ceux qui assistent régulièrement
aux réunions, qui n'hésitent jamais à secourir d'autres
alcooliques ou qui prennent plus qu'un intérêt passager aux
activités de leur groupe. Ce sont ces hommes et ces femmes qui, de
façon honnête et réaliste, se souviennent des heures
de désoeuvrement passées au bar, des journées d'ouvrage
perdues, du rendement diminué et du remords qui accompagnent les lendemains
de cuites. A l'évocation de tels souvenirs, c'est payer bien
peu que de passer quelques heures à garantir et à fortifier
sa propre sobriété.
Retour
Un nouveau venu peut-il se joindre aux A.A. en dehors de son milieu?
Cette question est quelquefois posée par des personnes qui peuvent
avoir des raisons parfaitement valables de ne pas vouloir être reconnues
comme alcooliques par leurs voisins. Leur employeur, par exemple, peut ne
rien connaître du programme de rétablissement d'A.A. et être
hostile, en principe, à tous ceux qui admettent avoir un problème
de boisson. Ces personnes peuvent désirer profondément s'associer
au mouvement comme moyen d'atteindre et de maintenir leur sobriété.
Mais elles peuvent hésiter à se joindre à un groupe
du voisinage.
La réponse est que l'on peut adhérer au groupe A.A. de son
choix. Il est évident qu'il est plus commode de fréquenter
le groupe le plus proche. Ce peut être aussi la solution la plus juste
au problème de l'individu. La personne désireuse d'avoir de
l'aide est souvent, pas toujours cependant, assez bien connue comme faisant
usage d'alcool. Il est inévitable que la bonne nouvelle de sa sobriété se
répandra. Peu d'employeurs ou de voisins seront mécontents
d'un mouvement qui est devenu une source de sobriété pour leur
employé ou leur ami, que le groupe des A.A. soit situé dans
le voisinage ou à cinquante km de distance. Peu de gens aujourd'hui,
sont remerciés de leurs services ou mis au ban de la société parce
qu'ils sont sobres. Si l'expérience de milliers d'A.A. a un sens,
le nouveau venu doit rechercher l'aide du groupe le plus près de chez
lui avant de commencer à s'inquiéter des réactions des
autres.
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Si j'entre dans A.A., vais-je manquer à de
nombreux amis et me priver de beaucoup de plaisirs ?
L'expérience des milliers d'A.A., hommes ou femmes, fournit la meilleure
réponse à cette question. En général, leur disposition
d'esprit les empêchait de goûter une franche amitié ou
un plaisir véritable avant leur entrée dans A.A. Leurs idées
ont évolué dans ce domaine.
Beaucoup d'alcooliques découvrent que leurs meilleurs amis sont
enchantés de les voir faire face à cette réalité d'être
incapables de boire. Personne n'aime voir un ami se faire du mal.
Naturellement, il est important de savoir distinguer entre l'amitié et
les rencontres fortuites d'un bar. L'alcoolique a certainement des connaissances
dont la jovialité peut être considérée par méprise
comme de l'amitié. Il peut manquer à ces derniers pour un
certain temps. Mais il seront bientôt remplacés par ces centaines
de membres qu'il rencontre, qui le comprennent, l'âcceptent comme
l'un des leurs et l'aide à protéger sa sobriété.
Peu de membres échangeraient cette joie qui découle de la
sobriété contre ce qui leur semblait un plaisir, au temps
où ils buvaient.
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